Dans un secteur hospitalier marqué par des tensions croissantes sur les ressources humaines, l’absentéisme et les risques psychosociaux, la santé des professionnels de santé n’est plus une question secondaire. Elle constitue un enjeu stratégique majeur pour la qualité des soins, la performance des établissements et la pérennité des parcours professionnels.
Le 30 avril 2026, l’ANFH AURA organise à Villefontaine (38), une journée de formation entièrement dédiée au « prendre soin de soi » pour les agents de la fonction publique hospitalière. Une initiative qui illustre une évolution profonde des politiques de ressources humaines : passer d’une logique de réparation à une logique de prévention et de préservation de la santé.
Pourquoi est-il devenu indispensable de former les soignants à prendre soin d’eux-mêmes ? Quels sont les bénéfices concrets pour les établissements et les professionnels ? Éclairages.
La santé au travail des soignants : un enjeu de santé publique
Les professionnels hospitaliers évoluent dans des environnements de travail exigeants : charge mentale élevée, rythmes soutenus, confrontation à la souffrance et à la mort, pénibilité physique. Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), le taux d’absentéisme dans la fonction publique hospitalière demeure significativement supérieur à celui des autres secteurs.
Les conséquences sont multiples :
- Dégradation de la qualité de vie au travail
- Augmentation du turnover et des difficultés de recrutement
- Impact sur la continuité et la qualité des soins
- Coûts directs et indirects pour les établissements
Face à ces constats, les établissements de santé sont tenus, par le cadre réglementaire (loi du 2 août 2021 relative à la santé au travail), de mettre en œuvre des actions de prévention des risques professionnels et d’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).
« Prendre soin de soi » : une compétence professionnelle à part entière
Longtemps perçu comme un enjeu personnel, le « prendre soin de soi » est désormais reconnu comme une compétence professionnelle essentielle. Il ne s’agit pas d’un luxe, ni d’une démarche individualiste, mais d’une condition nécessaire à l’exercice durable et serein d’un métier exigeant.
Former les professionnels à prendre soin d’eux-mêmes, c’est leur transmettre des outils concrets pour :
- Identifier les signaux d’alerte de l’épuisement professionnel
- Réguler le stress et les émotions liées à l’activité de soin
- Préserver leur santé physique (postures, gestion de la fatigue)
- Développer des stratégies individuelles et collectives de résilience
Cette approche s’inscrit dans une logique de responsabilité partagée : l’employeur crée les conditions d’un environnement de travail favorable, et le professionnel développe ses capacités d’adaptation et de préservation.
La salutogénèse : un nouveau paradigme pour la santé au travail
Au-delà de la prévention des risques, une approche innovante émerge dans le champ de la santé au travail : la salutogénèse. Développée par le sociologue Aaron Antonovsky dans les années 1970, cette approche ne se concentre plus uniquement sur les facteurs de maladie (pathogénèse), mais sur les ressources et les facteurs qui génèrent et maintiennent la santé.
La salutogénèse repose sur un concept clé : le sentiment de cohérence, qui comprend trois dimensions :
- La compréhensibilité : capacité à donner du sens à ce qui arrive
- La maniabilité : sentiment de disposer des ressources pour faire face
- Le sens : conviction que les efforts en valent la peine
Appliquée au contexte hospitalier, cette approche invite à :
- Valoriser les ressources individuelles et collectives des professionnels
- Renforcer le sens du travail et la reconnaissance
- Développer l’autonomie et le pouvoir d’agir des équipes
- Cultiver un environnement de travail porteur de santé
La journée organisée par l’ANFH s’inscrit pleinement dans cette logique salutogénique : offrir un temps dédié pour identifier, développer et mobiliser ses propres ressources de santé.
Des bénéfices concrets pour les établissements
Investir dans la santé des professionnels n’est pas seulement une obligation réglementaire ou éthique. C’est aussi un levier de performance pour les établissements de santé.
Les études démontrent que les organisations qui déploient des politiques structurées de QVCT observent :
- Une réduction significative de l’absentéisme (jusqu’à 20% selon certaines études)
- Une amélioration de la qualité des soins (moindre taux d’erreurs, meilleure satisfaction des patients)
- Un renforcement de l’attractivité employeur et de la fidélisation des talents
- Une dynamique collective positive (coopération, climat social)
Les formations dédiées au « prendre soin de soi » constituent ainsi un investissement rentable à moyen et long terme, qui bénéficie à l’ensemble de l’écosystème hospitalier.
Une démarche collective portée par l’ANFH
L’initiative de l’ANFH Alpes AURA illustre le rôle central des organismes de formation dans l’accompagnement des transformations du secteur hospitalier. En proposant une journée entièrement dédiée au bien-être et à la santé des agents, l’ANFH envoie un signal fort : la formation continue ne concerne pas uniquement les compétences techniques, mais aussi les compétences psychosociales et la préservation de la santé.
Le financement intégral de cette journée (frais pédagogiques, transport, restauration) témoigne d’une volonté institutionnelle d’accessibilité et d’équité. Tous les agents, quel que soit leur métier ou leur niveau de responsabilité, peuvent bénéficier de ce temps de ressourcement et de formation.
Vers une culture de la prévention durable
Former les professionnels hospitaliers à prendre soin d’eux-mêmes n’est pas une tendance passagère. C’est une évolution structurelle des politiques de ressources humaines, qui reconnaît que la santé des soignants et la qualité des soins sont indissociables.
Dans un contexte de fortes tensions sur le système de santé, développer une véritable culture de la prévention, ancrée dans les principes de la salutogénèse, apparaît comme une nécessité absolue. Les établissements qui sauront investir dans la santé et le bien-être de leurs professionnels seront mieux armés pour relever les défis à venir.
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